MAME KHALIFA NIASS

Fondateur de la confrerie Tidiane à Léona Niasséne

mame khalifa

Khalifa El Hadji Mouhamad Niass 
Héritier et Khalife d’El hadji Abdoulaye Niass

Biographie

Plus connu de par son nom familier de tous, Mame Khalifa Niass ou Khalifa El hadji Mouhamad est né le Vendredi 29 juillet deuxiéme jour du ramadan de l’an 1879 du calendrier gregorien correspondant à l’an 1298 de l’hegire à Sélik dans le Nioro du rip (Saloum – Senegal). Sa mère, Aminata Thiam était la fille de Cheikh Ibrahima Thiam Serigne Kelelle oncle maternelle d’el Hadj Abdoulaye ; la surnommé Oumoul Massakine en raison de l’aide qu’elle apportait constamment aux démunis, était une femme de bonté, de douceur et de pièté. Le jour de son baptème est d’une importance crucial, car durant ce jour, son père raconte qu’il a rencontré le Prophete Mouhamad (psl) à l’état de veille et en plein jour, notre attention est aussi attiré ici par le fait que le Prophète d’Allah (psl) a introduit sa langue bénite dans la bouche de Mame Khalifa alors qu’il le tenait dans ses bras, la salive du Prophete(psl) possede des vertues miraculeuses reconnues… 
Cette rencontre qui n’est pas forfuite sera relaté plus tard dans un de ses poèmes. 
Notre personnage grandit sous l’ombre de son père bienveillant, qui l’envoya à l’âge de 7 ans, apprendre le Coran chez le maitre Hassane Cissé Coumba Darmane du village de Djossong entre Passy et Sokone, très tôt il se fit remarquer par son intelligence, sa grande faculté à mémoriser les textes au point qu’il écrivit sur la planchette de bois qui lui servait d’ardoise, son premier poème à peine arrivé à la sourate Moulki (le royaume) :

« Il me prit dans ses bras soyeux, doucement, affectueusement, jusqu’à dissiper dans mon cœur tous mes doutes et craintes… »

Le maitre ne tarda pas à le découvrir, il en fut ébahit et par crainte, le renvoya chez son père.
De retour à sa concession, son père l’appela pour lui révéler ce qui s’est véritablement passé le jour de son baptême : son entretien avec le Prophète, chose qu’il n’ignorait point car c’est la nostalgie de cette rencontre qui l’a poussé à écrire ce poème…
Il resta près de son père qui parachève son éducation ainsi déjà à 18 ans, il maitrisait la science de l’exégèse, celle des traditions, l’orthoépie, la théologie, le mysticisme, la philosophie, le droit, la grammaire, la logique, la rhétorique, la philologie, la prosodie, l’arithmétique, la géométrie, la pharmacopée, la médecine et le tout coiffé d’un parfait maniement de la langue arabe, un véritable don lui-même avait l’habitude de dire :

« Je ne saurais dire si ma langue maternelle est le wolof ou l’arabe … »

Mouhamad Niass prit le wird Tidjani des mains de son père. Père qui lui accordait une confiance totale, il était son confident, Cheikh, ami, il le surveillait et le sollicitait en permanence pour gérer ses affaires. 
Etant jeune, il s’était essayé au commerce, notamment en important, par wagons entiers, du cola et des chevaux du Mali. Ces marchandises, qu’il faisait placer auprès de ses disciples ont vite fait sa prospérité, mais seule la lecture l’intéressait, surtout des ouvrages rares dont la plupart étaient des manuscrits originaux. Il se vouait entièrement à la quête desdits livres.
En 1901, le village de Taïba Niassène fut détruit par les Français et les biens de son père confisqués suite à l’accusation à tort contre ce dernier d’inciter à la révolte les populations. El hadj Abdoulaye et sa famille se réfugièrent, ainsi qu’un nombre important de disciples en Gambie, d’abord à Keur Samba Yacine, puis ensuite à Sam où ils séjournèrent jusqu’en 1910. Date à laquelle le père et le fils accompagné par El hadj Mouhamad Zeynabou, un autre fils d’El hadj Abdoulaye entamèrent leur voyage à Fès pour faire la ziyara à la tombe de Seydi Ahmad Tidjani RA, ils partirent en bateau à partir de Foundiougne (dans l’actuel région de Fatick) jusqu’à la ville de Tanger d’où leur périple débuta, à pied, à dos de cheval et en train jusqu’à la destination finale. C’est à Fès qu’il composa de mémorables élégies en honneur de son maitre al Tidjani, il fît aussi la rencontre avec d’importantes personnalités de la zawiya mère comme Sidi Ahmad Skiridj Iyashi. Durant le séjour de son père à Fès, Mame Khalifa décida de continuer faire par la même occasion le Pèlerinage à la Mecque, il s’embarqua dans un bateau en partance pour la ville de Marseille en France, de là il prit un train, l’Orient Express jusqu’à Istanbul en Turquie où il transite par un autre train le Hedjaz Railways qui le mènera jusqu’à la ville de Médine où il pût commencer son Haaj. A la fin du pèlerinage il retrouve son père à Fez pour effectuer ensemble le voyage du retour. C’est une fois revenu au Sénégal, en 1911, qu’El hadj Abdoulaye fit établir sa famille dans la ville de Kaolack chef-lieu du cercle du Sine-Saloum ; étant déjà épuisé par l’âge au point qu’il ne put regagner la Gambie où il avait laissé sa famille, c’est Mame Khalifa qui fût chargé d’aller les ramener. El hadj Abdoulaye Niass implanta sa Zawiya et son université dans sa nouvelle cité Leona, et son influence recommença à augmenter considérablement ; les gens affluaient de partout pour recevoir une Ijaza ou tout simplement prendre le Wird Tidjani, c’est ainsi que de nombreux contacts se sont noués notamment avec le Fouta par Tafssir Bala Seck et Tafssir Moustafa Thiam et bien d’autres personnalités des contrées environnantes. 
En 1918 à la fin de la première guerre mondiale, les colons essaient de raffermir les liens qui les lient aux colonisés du faite que ces derniers les ont aidés lors de la guerre ainsi ils organisent une cérémonie de remerciements dans tous les cantons, des lettres adressés aux populations sont écrites en arabe et en français destinés à être lu en public, lors de la cérémonie prés de Leona, un interprète est choisi mais ni la traduction ni la lecture ne conviennent au Commandant de Cercle, alors un de ses conseillers, un dénommée Samba Tall originaire de Saint-Louis, lui propose un fils d’el hadj Abdoulaye qui maitrise très bien l’arabe pour la traduction et la lecture de la lettre aux autochtones c’est ainsi que Mouhamad Khalifa se fît distinguée une première fois par le Commandant de Cercle qui fût ébloui de sa parfaite maitrise de la langue arabe palpable à travers sa traduction. Peu de temps après, le Commandant sorti un décret pour le nommer Chef de Canton de Djouroup, chose que refusera El hadj Abdoulaye disant que son fils ne sera nommé que par Seydi Ahmad Tidjani (RA), et même plus tard la fonction d’assesseur du tribunal coutumier et musulman lui sera octroyé par le Commandant Brocard et encore une fois l’offre est déclinée.
Mouhamad Khalifa s’occupe en personne de l’enseignement de ses frères. Son père prit le soin de le recommander à tous ses disciples et l’intronisa en tant Khalife en présence de tous, fils, disciples et Mouqadam, moment que Mame Khalifa immortalisa dans un de ces poèmes.
L’année 1922 fût témoin de la disparition d’une des plus grandes figures Tidjani de l’Afrique Noire, le 9 juillet, Le Soleil de la Guidée, El hadj Abdoulaye Niass s’éteignit.
Quelques années après avoir pris la succession de son père, plus précisément en 1927, Khalifa Mouhamad Niass retourna à Fès où il obtient une Ijaza Itlaq réputé difficile à obtenir car n’étant pas donné à qui veut, celle du khalife suprême Sidi Mahmoud ibn Mouhamad al Bachir Tidjani (R.A).

Son khalifat fût très hiérarchisé et tous ses frères y été inclus :

  • – il s’occupait personnellement de l’Université et dispensait les enseignements aidé de quelque uns de ses frères comme Cheikh Omar entre autres
  • – El hadji Muhammad Zeynabou s’occupait de relations extérieures
  • – El hadj Babacar al kabir était l’imam de la mosquée
  • – Cheikh Ibrahima (baye) s’occupait du Daara et des champs de Kossy
  • – Mouhamad Shafihou gérait la concession

Mame Khalifa s’était donné pour mission de maintenir l’orthodoxie dans laquelle leur père les avait encré c’est-à-dire : le Travail, le goût pour la Connaissance et la Piété.

Source nayroulmarame

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